(Partie II)
Après avoir vu l’importance de savoir accueillir nos zones d’ombre et notre part plus sensible et vulnérable (voir Le bonheur authentique : au-delà du masque du « tout va bien »), il est maintenant temps d’explorer l’autre versant du chemin : celui qui nous permet de renouer avec notre lumière, nos ressources et notre pulsion de vie.
Car si accueillir ses blessures est essentiel, le chemin ne s’arrête pas là.
À force de se protéger, de s’adapter, et de fonctionner en mode survie dans le regard des autres, on peut finir par perdre le contact avec ce qui nous nourrit profondément. Avec ce qui nous fait vibrer, nourrit nos rêves et n’est rien de moins que l’expression de notre essence et de notre potentiel créateur.
Et pourtant, sous nos fameuses « cuirasses » et mécanismes d’adaptation, cette pulsion de vie est toujours là. Parfois discrète. Mais bien présente.
Créer sa propre recette du bonheur, ce n’est donc pas seulement apprendre à mieux traverser la souffrance et accueillir nos zones d’ombre. C’est aussi réapprendre à écouter notre pulsion créatrice, source de joie et de rayonnement de notre être profond.
Développer une bonne connaissance de soi
Cela ne vous surprendra pas si je vous dis que, pour créer une recette qui goûte bon à vos papilles, il faut avoir les bons ingrédients.
Et ces ingrédients ne s’inventent pas.
Ils naissent de l’observation de soi, de nos expériences personnelles et d’une connaissance plus profonde de nos besoins, de nos limites, de nos valeurs… mais aussi de ce qui nous inspire réellement.
Cela peut sembler évident, mais développer une connaissance intime de ce qui est essentiel pour soi est loin d’être inné.
On a souvent appris à être « raisonnable », performant·e, adapté·e. À répondre aux attentes de notre environnement familial, social ou professionnel. À écouter davantage ce qu’il faut faire que ce qui nous fait du bien intérieurement.
Alors, à un moment ou à un autre, un retour vers soi devient nécessaire.
Un retour qui demande parfois de déconstruire certains automatismes et fonctionnements, de « s’asseoir avec soi-même » et d’oser se poser les vraies questions.
Parce que sans cela, le piège de la comparaison finit souvent par s’installer : croire que ce qui rend les autres heureux devrait forcément nous rendre heureux nous aussi! Alors que nous possédons tous, chacun et chacune d’entre nous, notre propre sensibilité, notre propre rythme, nos propres aspirations.
Développer une bonne connaissance de soi et de ses besoins – à tous les niveaux de son être – devient alors un point de départ essentiel pour distinguer ce qui nous nourrit réellement… de ce qui nous éloigne peu à peu de nous-mêmes.
Cette première étape permet donc de répondre à la question :
« De quoi ai-je besoin? »
Et cette question est beaucoup plus profonde qu’elle n’en a l’air.
Parce qu’au-delà des besoins physiques ou matériels, il existe aussi des besoins émotionnels, relationnels, créatifs, des besoins de sens et d’expression de soi. Ce que j’appelle « les besoins de l’être ». (Voir l’article Bien connaître ses besoins pour augmenter sa vitalité)
Et lorsque ces besoins sont ignorés trop longtemps, le corps finit souvent par parler à sa façon : fatigue, tensions, vide intérieur. Ou encore perte d’élan ou difficulté à ressentir de la joie ou du désir.
Vous m’avez souvent entendu dire que le corps ne ment pas. En réalité, notre corps possède une immense intelligence. Et bien souvent, il nous indique avant même notre mental que quelque chose, dans notre vie, demande à être réajusté.
À l’inverse, lorsque nous commençons à nous rapprocher de ce qui est juste pour nous et qui répond à ce qui est essentiel pour soi, quelque chose s’ouvre et se détend à l’intérieur. L’énergie se met à circuler, le sourire apparaît sans raison et on se sent en vitalité.
Comme si notre corps nous montrait le chemin et nous disait : « Oui… c’est par ici. »
Retrouver le contact avec ce qui nous inspire
Lorsqu’un certain sentiment de sécurité intérieure commence à s’installer, une autre question peut doucement émerger :
« Qu’est-ce qui m’inspire? »
Qu’est-ce qui me fait sentir vivant·e?
Qu’est-ce qui éveille ma curiosité, mon enthousiasme, mon imagination?
Qu’est-ce qui me donne l’impression d’être davantage « moi-même »?
Souvent, les réponses sont beaucoup plus simples qu’on l’imagine.
Une activité créative.
Le besoin de beauté.
Le silence.
La nature.
Le mouvement.
L’écriture.
La musique.
Le besoin de ralentir.
Celui d’apprendre.
De transmettre.
De créer.
Nos élans intérieurs parlent souvent un langage subtil.
Ils apparaissent parfois sous forme d’envies spontanées, de rêveries, d’intuitions ou de petits moments d’inspiration.
Et lorsqu’on commence à les écouter, quelque chose se remet tranquillement en mouvement à l’intérieur. Les « cuirasses » s’assouplissent et l’énergie de vie circule.
Pourtant, reconnecter à ses élans et exprimer sa lumière et sa pulsion de vie peut aussi faire peur.
Parce que suivre ce qui nous fait vibrer demande parfois de sortir des rôles habituels, des attentes ou de l’image que l’on a construite de soi ou que les autres ont de nous (ou que l’on imagine qu’ils ont de nous 😉)
Il arrive même que l’on puisse ressentir une certaine forme de culpabilité à l’idée de prendre de la place, de créer, ou simplement d’exister davantage.
Comme si notre joie risquait de déranger.
Tout le défi consiste alors à s’autoriser à prendre sa place dans cette pulsion de vie et à exprimer notre joie profonde. Ce qui demande parfois de faire le ménage dans certaines croyances ou empreintes émotionnelles qui sabotent cet élan de vie pour oser pleinement exister, dans toute sa créativité et sa spontanéité, en relation avec les autres.
Oser vivre davantage aligné avec soi-même
Puis, avec le temps, une troisième question peut apparaître :
« À quoi j’aspire? »
Non pas selon ce qu’on attend de moi.
Mais selon ce qui cherche profondément à se déployer à travers moi.
Car au-delà des blessures et des conditionnements, il existe aussi en chacun de nous un potentiel, une force créatrice, une couleur unique qui ne demandent qu’à trouver un espace pour s’exprimer.
Et bien souvent, la joie véritable se trouve précisément là : dans cet endroit vivant où l’on cesse peu à peu de se couper de soi-même pour laisser libre cours à ce qui cherche à s’exprimer, naturellement, à travers soi.
Petit exercice introspectif : écouter ce qui cherche à vivre en soi
Je vous invite à prendre un moment de calme pour vous déposer avec vous-même.
Prenez quelques respirations lentes, fermez les yeux un instant et observez tout simplement comment vous vous sentez intérieurement. Il se peut que la simple lecture de ces lignes ait déjà fait surgir des sensations ou des émotions, même très subtiles.
Vous pouvez alors vous poser ces quelques questions :
- Qu’est-ce qui me nourrit profondément en ce moment, dans ma vie?
- Qu’est-ce qui me fait du bien, sans attente de performance ou sans chercher à plaire?
- Dans quelles situations est-ce que je me sens le plus vivant ou la plus vivante?
- Quelles envies ai-je mises de côté depuis trop longtemps?
- Quels besoins sont essentiels pour moi?
- Si je m’écoutais, de quoi j’aurais envie aujourd’hui?
Laissez venir les réponses sans chercher à les analyser ou à les rendre « raisonnables ».
Parfois, ce sont de toutes petites choses qui émergent :
le besoin de repos, de beauté, de créer, de marcher, de ralentir, de peindre, d’écrire, de rire, de respirer.
Nos élans intérieurs commencent souvent par murmurer avant d’oser prendre toute leur place. Et ils n’attendent que le premier petit pas de votre part pour se dévoiler à vous en toute lumière.
Ainsi, si vous avez l’impression d’avoir perdu le contact avec votre boussole intérieure, rappelez-vous qu’il n’est jamais trop tard pour recommencer à écouter ce qui cherche à s’exprimer à travers vous, et mettez-vous en action dans ce qui spontanément, vous donne de la joie. Sans attendre la permission. Et en vous détachant de toute attente envers une autre personne.
Utilisez vos mains, vos yeux, votre cœur! Car c’est à l’intérieur de vous que réside votre pulsion de vie. Vous seul·e avez les clés 😊
Je vous souhaite lè-dessus une bonne découverte intérieure, à la rencontre de ce qui fait vibrer votre être. Et n’hésitez pas à me partager ce qui est monté pour vous, cela me fera plaisir de vous lire.
Avec mes chaleureuses pensées.
Virginie